Extrait du chapitre 37 - Angel city, la révélation

...Partis de la Terre, ils avaient rejoint la voie des airs, puis avaient disparu entre les étoiles. A présent, l'air était humide. Il faisait froid. Et un pesant silence flottait au-dessus de ladite cité. Allongé sur une couche de verre, Pascal ouvrit les yeux. « Il fait nuit, ou bien c'est moi qui ne vois plus rien ? »
   La voix tremblante, il lança.
   — Il y quelqu'un ?
D'après l'écho de sa voix, l'endroit lui sembla des plus dépouillés.
   — Je suis là, l'apaisa Dieu.
   — Où ? Je ne vois rien !
   Ses yeux étaient ouverts et pourtant il demeurait dans l'obscurité.
   — Ne t'inquiète pas, dit Dieu. Tes yeux vont bien. Tu es aveugle.
   — Aveugle, paniqua Pascal.
   — Oui, mais cela n'est que temporaire. Tu retrouveras tes facultés, une fois de retour chez toi.
   — Comment ça, chez moi ? Dit-il en se redressant. Je n'ai pas eu le temps de récupérer votre Livre.
   — Je sais.
   Sa voix le trahissait. Il était déçu.
   — Malgré cela, il y a pire, annonça-t-il.
   — Je vous écoute !
   — Quand ma plus vieille création a disparu, lui révéla enfin Dieu, les Anges, qui sont les garants du temps, ont remis l'horloge au présent, ce qui a eu pour effet d'éradiquer tout corps qui n'était pas à sa place.
   — Vous voulez dire que nous sommes chez les Anges ?
   — Tout à fait. C'est pour cela que tes yeux ne peuvent voir ce qui nous entoure.
   — Il y a des Anges autour de nous ?
   — En grand nombre, mais pas dans cette pièce. Nous sommes seuls pour le moment.

   À leurs pieds, dormait la plus paisible des cités.
   — Où sommes-nous exactement ?
   Il pencha la tête sur le côté, comme pour discerner un son éventuel.
   — Je n'entends rien.
   — Nous nous trouvons au dernier étage de l'une des flèches qui surmonte Angel School.
   — C'est comment autour de nous ?
   — La pièce est vide. Il y a deux couches. Le sol et les murs sont en verre. Et il n'y a pas plus de portes que de fenêtres.
   « Angel School ? »
   — Ce n'est pas là que vous étiez Professeur ?
   — Si !
   — Alors, il ne devrait pas y avoir de problème. Vous êtes chez vous ici.
   — Ici, soupira Dieu, je ne suis qu'un Créateur de plus. N'oublie pas l'histoire de la grande école.
   — Ça doit être magnifique, une ville habitée par des Anges, s'emballa Pascal.
   Malgré cela, il semblait insatisfait.
   — Et dire que je ne vois rien !
   — Angel City est située au centre des mondes, lui dessina Dieu. Taillée dans le plus dur des verres, elle est tel un diamant en plein lumière. Ses canaux détiennent la plus pure des eaux. Ses habitants possèdent le plus vieux savoir. Sous nos pieds, trône Angel School. Sa mesure dépasse celle du phare d'Alexandrie. Son envergure est comparable à plusieurs grandes pyramides. Ses balcons et terrasses sont bien plus fleuris et ornés que les jardins de Babylone. Ses façades sont bien plus belles que le mausolée d'Halicarnasse. Ses yeux voient plus loin que le Colosse de Rhodes. Angel City est et sera à jamais la première merveille de cet univers.
   — Ça marche, lança Pascal. Je la vois.
   — Ne la vois pas comme une planète. Angel City est aussi plate et ronde qu'un disque. Vois-la plutôt comme une ville suspendue, comme un vaisseau amiral dont la portée n'aurait d'égal.


.. — Il fait nuit ?
   — Le jour se lève. Au loin, une ligne dessine l'horizon.
   — Est-ce qu'il y a des maisons ?
   — Angel School est entourée de Dômes d'habitation. Il y en a des milliers. Les jardins sont flottants. Les canaux sont bordés de magnolias. Les fontaines sont légion.

...Mais soudain, le sol de la pièce se mit à bouger.
   — Qu'est-ce qui se passe, s'affola Pascal ?
   — C'est l'heure, dit Dieu. Ils nous convoquent.
   L'instant suivant, le sol de verre se trouvant sous leurs pieds se mit à glisser le long des parois.
   — Tu vas faire la connaissance de l'Ange Suprême, chuchota Dieu. C'est une primeur qui ne figure dans aucun manuel d'emploi. Sois digne !
   Le sol s'immobilisa. Une cloison murale se liquéfia. Pascal sentit une étrange présence.
   — Qui est là, lança-t-il d'un air craintif ?
   Il semblait terrorisé.
   — Ce sont des Anges, dit Dieu. Ils sont au nombre de deux et ils sont là pour nous conduire au près du Suprême. Prends mon bras et suis mes pas.
   Ils traversèrent un rideau d'eau, mais ne furent mouillés, puis empruntèrent un long couloir fait d'arches succinctes. Si Pascal avait eu tous ses sens, il aurait pu se voir en train de marcher sur l'eau.
   — Comment sont-ils, chuchota-t-il en direction de Dieu ?
   — Ils sont faits d'eau et revêtus d'une toge de lumière. De visage, ils sont semblables à vous. Les leurs sont doux et réconfortants. Leurs yeux sont bleus. Leurs cheveux sont d'argent. Leurs ailes sont recouvertes de longues plumes.
   — Où on va ?
   — A Angel School. Nous parcourons actuellement le corridor nord. C'est l'un des quatre couloirs qui sépare l'école de son administration.

Free web analytics, website statistics Statistics